Feu vert pour l'expérimentation du cannabis thérapeutique en France

Feu vert pour l'expérimentation du cannabis thérapeutique en France

Expérimentation du cannabis thérapeutique en France, ca y est, c’est parti ! 

Ca y est c’est fait ! En ce 11 juillet 2019, L’ANSM (Agence Nationale Sécurité du Médicament) vient de rendre son autorisation pour la mise en place d’une expérimentation nationale du cannabis thérapeutique. Pour rappel, l’ANSM avait demandé l’année dernière à un groupe d’experts de se pencher sur la question et de définir un plan d’action expérimental. Ces experts pluridisciplinaires ont proposé une expérimentation qui s’étalera sur 2 ans, au terme de ces 2 années, l’ANSM, en fonction des résultats, décidera d’étendre le programme et de proposer officiellement le cannabis thérapeutique en France dans les conditions prévues. Et c’est bien là que se pose toute la question, quelles sont les conditions pour pouvoir en bénéficier ? Entre 2020 et 2022, le cannabis thérapeutique sera prescrit pour des patients “en impasse thérapeutique”,c’est-à-dire en derniers recours lorsque les traitements classiques ne fonctionnent pas ; il pourra également être prescrit pour certaines formes d’épilepsie, encore une fois, seulement lorsque tous les autres traitements se révèlent inefficaces. Le cannabis thérapeutique pourra être prescrit dans le cadre de la gestion des douleurs neuropathiques lorsque les thérapies classiques ne sont pas suffisamment efficaces, dans la gestion des contractions musculaires, notamment pour la sclérose en plaque, et pour atténuer les effets indésirables liés à la chimiothérapie. 

Voici ce qu’en dit Nicolas Authier, responsable du comité qui a proposé les détails de cette expérimentation : «Nous avons pris le soin de ne pas indiquer des pathologies mais bien des symptômes et des syndromes. Comme par exemple la spasticité douloureuse. La sclérose en plaques est un des cas retenus, mais il y a d’autres formes de spasticité, lorsqu’il y a des atteintes au système nerveux central comme après un AVC. Le principe est le même pour les douleurs neuropathiques qui ont de multiples causes. Elles peuvent être liées à des thérapies anticancéreuses ou au traitement du VIH. Elles peuvent entrer dans le cadre à partir du moment où la douleur est caractérisée comme neuropathique.»

Pot de cannabis

Comment ça se passe dans la réalité ? 

Tédecins ne sont pas habilités à délivrer des ordonnances pour du cannabis thérapeutique, en effet, ce programme expérimental relève du volontariat pour les médecins, et ils devront suivre une formation en ligne avant de pouvoir être en mesure de délivrer des ordonnances,ous les m alors si votre médecin de campagne ne l’a pas encore suivie, encouragez le à le faire ! 

Attention, ne vous attendez pas à recevoir une prescription synonyme de combustion ! ! Aucun produit à base de cannabis prévu dans le cadre de cette expérimentation ne se fume! Des gélules, de l’huile, des préparations élaborées par des laboratoires, des fleurs séchées à inhaler avec un vaporisateur sont au programme. En revanche, aucun détail sur la façon dont vont être choisi, ainsi que l’origine des produits à base de cannabis qui vont être distribués. La question soulevant bien évidemment l’intérêt du récent syndicat « chanvre bien être » qui voit ici la possibilité de se préparer à l’émergence d’une nouvelle filière en France, et qui n’a de cesse d’attendre le feu vert de la part du gouvernement. 

 La France, toujours en retard

S’il on peut se féliciter à raison d’une avancée tangible sur le sujet épineux du cannabis en France en ce 11 juillet 2019 , il est important de remettre les choses en perspective et de comprendre que ce ne sont là que les balbutiements d’une mise en place réelle à venir d’ici 2 ans, si la phase expérimentale se révèle positive. Pour rappel, chez nos voisins européens, cette expérimentation dans leurs pays respectifs a été faite il y a plus de dix ans pour certains. Ne fallait-il pas aller chercher les réponses chez nos voisins directement plutôt que de prendre 2 années de retard supplémentaire. Si les laboratoires français avaient des intérêts directs dans l’industrie du cannabis et étaient détenteurs de certains brevets, les choses ne seraient-elles pas allées plus vite au niveau juridique ? On peut aussi déplorer le fait que le cannabis thérapeutique, dans les dispositions de cette expérimentation, se présente comme un derniers recours, lorsque les traitements classiques ne marchent pas. Il est dommage que les effets secondaires très limités du cannabis ne lui donne pas au contraire une priorité sur des traitements avec effets secondaires lourds. Malgré tout, réjouissons-nous, car c’est peut-être la première fois en France depuis plus de 60 ans qu’une loi concernant le cannabis sort d’une doctrine prohibitionniste. Quelque 21 pays européens sur 28 autorisent déjà le cannabis médical en Europe. Dans l’Hexagone, on estime à 1,4 million le nombre d’usagers réguliers du cannabis et 700 000 usagers quotidiens. Un tiers d’entre eux pour des raisons thérapeutiques.

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