Dépression

Dépression

La dépression est un terme courant que l’on utilise souvent à tort pour designer la déprime passagère, la dépression est une forme de maladie qui contraint une personne à ressentir des sentiments de tristesse et à tout percevoir à travers un prisme négatif, en se dévalorisant et en doutant de ses capacités. C’est une maladie sérieuse qui peut entrainer toutes sortes de complications physiques et psychologiques. Les personnes touchées, plus de femmes que d’hommes en proportion, pour les cas les plus sévères, ont tendance à toujours plus se renfermer sur elles-mêmes et s’isoler jusqu’à une disparition totale de vie sociale pouvant in fine mener au suicide. Les principaux symptômes sont caractérisés par une perte d’énergie, une perte d’intérêt dans des activités autrefois appréciés, perte d’appétit, difficultés à se concentrer, irritabilité. Chez les personnes âgées, la dépression est également fréquente. Elle passe souvent inaperçue, car les symptômes (fatigue, perte de motivation, isolement) peuvent sont également ceux du vieillissement. Une part importante de cette population ne serait pas diagnostiquée ni traitée. Certains symptômes de dépression sont plus fréquents chez les personnes âgées que chez les plus jeunes, en particulier, agressivité et colère, douleurs diverses et inexpliquées (maux de dos, de tête...), isolement, repli sur soi, confusion et troubles de la mémoire.

Les causes de la dépression ne sont pas vraiment établies et l’on considère que c’est un ensemble de prédispositions biologiques et génétiques associées à un environnement social qui déclenche les épisodes de dépression. Les épisodes de dépressions peuvent durer quelques jours, quelques semaines ou bien des années. Les personnes ayant vécu des chocs émotionnels forts ou souffrants d’anxiété sont plus exposés à des épisodes de dépression, il existe de nombreuses formes de dépression comme la dépression anxieuse qui associe à la dépression les symptômes liés à l’anxiété. On retrouve aussi la dépression dans diverses maladies psychiatriques comme la bipolarité, qui associe les symptômes d’épisodes dépressifs avec des épisodes d’euphorie ou de surexcitation.

Les traitements classiques contre la dépression

Un traitement médical classique associé à une thérapie est généralement indique pour les cas de dépression modérée et majeure. Les antidépresseurs sont les traitements les plus largement prescrits mais il existe d’autres pratiques médicales telles que les électrochocs ou encore la stimulation magnétique transcrânienne pour les cas résistants à toutes les familles d’antidépresseurs.

Parmi les antidépresseurs classiques, deux familles distinctes agissent sur deux processus neurochimiques distincts :

  • Les antidépresseurs imipramiques ou tricycliques, dont la clomipramine (Anafranil®), l’amitriptyline (Elavil®, Redomex®, Laroxyl®) et l’imipramine (Tofranil®), la dosulepine (Prothiaden®), la doxépine (Sinequan®, Quitaxon®), la maprotiline (Ludiomil®), la nortriptyline (Nortrilen®). Utilisés depuis le début des années 1960, ils provoquent beaucoup d’effets indésirables (somnolence, gain de poids, constipation, sécheresse de la bouche, baisse de la libido, etc.).
  • Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS ou antidépresseurs sérotoninergiques), dont le citalopram (Celexa®, Seropram®), la fluoxétine (Prozac®), la fluvoxamine (Luvox®, Floxyfral®), la paroxétine (Paxil®, Deroxat®, Divarius®) et la sertraline (Zoloft®). Il s’agit généralement du premier choix de traitement pour la dépression grave. Leur efficacité est équivalente à celle des antidépresseurs tricycliques, mais ils sont mieux tolérés. Ils peuvent toutefois être associés à certains effets indésirables : agitation, nausées, nervosité, insomnie, maux de tête et baisse de la libido.

Les antidépresseurs présentent aussi un problème direct d’accoutumance et donc de sevrage pour de nombreuses personnes souffrantes de dépression chronique sous antidépresseurs. De plus, si le traitement n’est pas associé à une psychothérapie, l’arrêt des antidépresseurs a plus de chances d’entrainer une récidive de la dépression.

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Le CBD et la dépression

Le système endocannabinoïde est un ensemble de neurotransmetteurs et neurorécepteurs présents dans le système nerveux et il joue un rôle essentiel mais encore mal compris de régulateur dans des processus physiologiques tels que le sommeil, l’appétit, le système de la douleur, l’humeur. Les deux principaux récepteurs qui vont traiter les messages chimiques des cannabinoïdes sont appelés CB1 et CB2. La prise de CBD active les récepteurs CB1 et CB2 eux-mêmes connectés au système nerveux central. La Cannabidiol, cannabinoïde non psychoactif, n’est pas reconnu par les autorités compétentes comme l’ANSM (Agence Nationale de Sûreté du Médicament) comme un agent thérapeutique dans le traitement de la dépression. Pourtant des études cliniques mettent en évidence le même processus que celui recherché dans les antidépresseurs : une inhibition de la récupération de la sérotonine.

La sérotonine est aussi appelée hormone du bonheur car elle est souvent associée à la régulation du moral. C’est un neurotransmetteur, c'est à dire une substance qui favorise la transmission des échanges de signaux chimiques dans les différentes zones du cerveau. Il existe de nombreux types de neurotransmetteurs avec des fonctions diverses. Les niveaux de sérotonine ont une influence directe sur notre bien-être général, notre sensation de bonheur et de notre moral. La sérotonine joue un rôle dans plusieurs autres processus physiologiques majeurs comme la régulation du sommeil, du désir sexuel, le contrôle de l'appétit ou de la douleur.

Sérotonine et traitement de la dépression.

Les antidépresseurs classiques prescrits contre la dépression interviennent entre autres sur la régulation du taux de sérotonine présent dans les synapses. Un niveau de sérotonine bas est généralement observé chez des individus présentant des troubles de dépression. Les traitements ISRS (Inhibiteur Sélectif de Recaptage de la Sérotonine) agissent en bloquant la récupération de la sérotonine via un neurorécepteur précis (5-HT1A) et augmentent ainsi la quantité de sérotonine dans les synapses. Cette disponibilité de sérotonine se traduit par un plus grand nombre de signaux envoyés par les cellules cérébrales, améliorant d’une manière générale l’humeur et réduisant les symptômes de la dépression.

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Comment le CBD interagit avec la sérotonine ?

Comme indiqué dans cette étude de 2014 réalisée au Brésil et cette autre étude de l’université Rockfeller de New York, le CBD, de la même manière que les antidépresseurs a une action inhibitrice de recaptage de la sérotonine, les récepteurs de sérotonine 5-HT1A seraient directement activés par la prise de CBD, favorisant la régulation des niveaux de sérotonine dans les synapses. L’augmentation du taux de sérotonine générée par la prise de CBD va déclencher une sensation du bien-être permettant de réduire l'état dépressif. A la différence des antidépresseurs, le CBD, en revanche ne provoque pas d’accoutumance ni d’effets indésirables lourds. De nombreuses recherches supplémentaires doivent être menées mais ces études laissent entrevoir que le système endocannabinoïde, le CBD et autres cannabinoïdes pourraient bien développer à terme de nouveaux traitements contre la dépression.

neurones

Où en est la recherche sur le CBD et la dépression ?

Cette étude de 2014 a révélé que l'huile de CBD aurait des effets anti-anxiété et antidépresseurs chez un modèle animal.

Dans cette étude de 2011, on essaie de mettre en lumière la relation entre le récepteur CB1 dans les troubles comme la dépression et autres troubles liés à l’humeur. La conclusion invite à plus de recherches mais l’efficacité des cannabinoïdes dans l’amélioration de l’humeur est encourageante.

Cette autre étude préclinique de 2015 met en lumière la rapidité et l’efficacité d’action du CBD à reproduire des modèles d’action antidépresseurs et anxyolitiques chez la souris. L’étude conclue que le CBD représente potentiellement une molécule efficace et rapide contre la dépression au vue de son action sur le taux de sérotonine et de glutamate corticale.

Toutes ces études tendent à démontrer et expliquer le rôle et mécanismes des récepteurs CB1 dans la régulation de l’humeur. Le CBD compte parmi les pistes thérapeutiques sérieuses dans le traitement des épisodes dépressifs et dépressions majeures car il offrirait une efficacité comparable aux antidépresseurs classiques, sans les effets secondaires lourds ni les risques d’accoutumance liés a ces derniers.

CBD : dosage, effets secondaires et interactions médicamenteuses

Chaque personne réagit différemment aux cannabinoïdes et une approche progressive est toujours recommandée. Commencez avec des doses faibles et augmentez-les progressivement après quelques jours jusqu’à obtenir l’effet désiré. Vous pouvez consulter notre article « Quel est le meilleur dosage de CBD ? » pour en savoir plus. En général, les personnes atteintes de dépression ont besoin d’une dose supérieure à la moyenne et les huiles de CBD à forte concentration sont donc les plus indiquées. Pour avoir une idée précise et une approche personnalisée de votre dose de CBD théorique quotidien, vous pouvez utiliser un calculateur de dosage de CBD en ligne.

Les effets secondaires du CBD sont minimes en comparaison des traitements classiques contre la dépression. Les effets secondaires liés au CBD sont légers et modérés, les effets secondaires les plus graves et fréquemment rencontrés sont la diarrhée, somnolence ou la perte d’appétit.

Le CBD, puisqu’il agit sur les mêmes processus que les inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine doit être espacé d’au moins deux heures des autres prise médicamenteuses et des prises d’antidépresseurs. Si vous souffrez de dépression, êtes sous traitements à base d’antidépresseurs, et projetez d’essayer le CBD, nous vous conseillons fortement d’en parler au préalable avec votre médecin.

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Ce qu’il faut retenir

La dépression est une maladie qui peut prendre des formes variées, qui passe parfois inaperçue et qui entraine pourtant bien des complications physiques et psychologiques. Les traitements classiques actuels consistent en une association d’antidépresseurs et une thérapie suivie avec des psychologues. Les antidépresseurs classiques apportent leurs lots d’effets secondaires et posent un risque d’accoutumance au produit pour le patient. Les récentes études précliniques viennent avaliser les témoignages positifs sur le CBD comme un agent antidépresseur. En effet, de la même façon que les antidépresseurs de la famille des inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine, le Cannabidiol, en activant les récepteurs CB1, agit directement sur le niveau de sérotonine présent dans les synapses, agissant à son tour sur l’humeur. Beaucoup d’autres études, cliniques, sur des patients à grande échelle notamment, sont nécessaires pour prouver cette relation mais l’absence d’effets secondaires lourds et de risques liés à l’accoutumance place le CBD comme une piste thérapeutique avec un intérêt particulier pour le traitement de la dépression. Il convient de prendre garde aux possibles interactions médicamenteuses si vous souhaitez commencer avec le CBD, nous vous invitons à en parler préalablement avec votre médecin.