syndrome des jambes sans repos et CBD

Le Syndrome des Jambes Sans Repos (SJSR) a plusieurs nominations. La scientifique : la maladie de Willis Ekbom (du nom de celui qui découvreur de la maladie), et la plus courante : impatience dans les jambes ou impatience nocturne. Peu importe le nom, cela désigne en fait un même trouble neurologique qui se manifeste par un besoin incontrôlable de bouger sans cesse les jambes en raison de sensations désagréables telles que picotements, fourmillements, décharges électriques, etc. Ces manifestations apparaissent généralement dans les moments d’inactivité, au repos ou juste avant de s’endormir. Or, là encore, la médecine moderne montre ses limites tandis que le cannabis et le cannabidiol ouvrent de nouvelles pistes. En effet, voici en détail ce que les quelques études ont pu montrer sur l’apport positif du cannabidiol dans le soulagement des impatiences et de multiples symptômes du SJSR.

Qu’est-ce que le syndrome des jambes sans repos ?

Les symptômes du syndrome des jambes sans repos

Si ces sensations ne semblent pas au premier abord relever d’une pathologie invalidante, petit à petit, ces symptômes prennent de plus en plus de place et compliquent le quotidien. Ils affectent directement les moments de calme et ont donc une influence directe sur la qualité de vie. Se reposer ou se détendre deviennent choses impossibles en raison de l’arrivée des impatiences qui rendent le moment grandement inconfortable. Les personnes atteintes de SJSR manifestent toutes de grandes difficultés pour l’endormissement et se plaignent de nuits entrecoupées par des spasmes ou des myoclonies. Cela a pour conséquence de provoquer une grande fatigue et par conséquence des somnolences en journée.

Le SJSR a été découvert juste après la deuxième guerre mondiale, mais il n’a commencé à intéresser la communauté scientifique qu’à partir des années 80. Les études épidémiologiques portant sur ce syndrome ont montré qu’il touchait essentiellement des populations données. Cela conforte l’idée que ce syndrome aurait une origine génétique. Cependant, les manifestations du syndrome varient beaucoup d’un individu à l’autre, allant d’une gêne passagère à des manifestations quotidiennes invalidantes.

Les symptômes du SJSR se manifestent par intermittence. Leur durée varie de quelques minutes à plusieurs heures consécutives. Si les symptômes ne sont pas en soi très forts, c’est la répétition et l’incapacité de calmer leurs effets qui usent peu à peu les patients nerveusement, physiquement et moralement. À cela s’ajoute le fait que les symptômes se déroulent majoritairement la nuit, entrainant des insomnies et une fatigue chronique.

Les myoclonies (mouvements involontaires des jambes) participent largement au dérèglement du sommeil et de tout ce que cela implique.

Qui est concerné par le syndrome des jambes sans repos ?

Le SJSR touche de nombreuses populations dans le monde, avec une répartition hétérogène. Il y a ainsi des zones géographiques où la prévalence du SJSR est prépondérante. Ainsi, au Canada (les régions francophones) ou en Italie du nord, le nombre de personnes concernées par des impatiences avoisine les 15 % de la population.

En France, environ 8,5 % de la population est concernée par le SJSR. Les impatiences concernent majoritairement les femmes et très rarement les enfants. La grande majorité n’est touchée par des impatiences que de temps en temps, mais 2 % présentent des symptômes plusieurs fois par semaine.

Comment savoir si l’on est concerné par le SJSR ?

Entre jambes lourdes, crampes ou nervosité, il peut être difficile de savoir si ces symptômes correspondent à ceux du SJSR. La première chose à faire est évidemment d’en parler à son médecin généraliste en décrivant au maximum les manifestations. Après explications et descriptions du ressenti et impact dans la vie quotidienne, le médecin s’intéressera probablement aux antécédents médicaux familiaux et peut demander un ensemble d’analyse de sang (taux de ferritine, de vitamine B12, de thyroïde, etc.).

Si les résultats donnent un faisceau d’éléments concordant possiblement avec un SJSR, il est recommandé de se rendre chez un neurologue qui pourra compléter le diagnostic à l’aide de tests et appareils précis comme un polysomnographe, qui enregistre et analyse le sommeil. L’examen est indolore et repose sur une observation minutieuse de la nuit du patient.

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Pour être certain qu’il s’agit d’un SJSR, que ce soit le médecin généraliste ou le neurologue, tous font appel à la grille d’interprétation de l’International Restless Legs Syndrome Study Group. Il s’agit de l’association de référence sur la recherche sur SJSR. Elle a défini quatre états qui permettent de savoir si une personne est concernée ou pas par ce syndrome. Pour que le diagnostic soit posé, il faut réunir les quatre états :

  • Premier état : besoin irrépressible de bouger les jambes (petites saccades des jambes ou des pieds) répondant à des sensations désagréables dans les membres.
  • Deuxième état : la nécessité de bouger s’accentue dans les périodes de repos ou/et d’inactivité.
  • Troisième état : augmentation des symptômes le soir (dans la période de repos, que la personne soit assise ou allongée), avant de s’endormir et pendant la nuit.
  • Quatrième état : l’état s’améliore si l’on s’active ou si l’on masse les jambes.

Remarque :

Dans 20 % des cas, les impatiences touchent également les bras. Elles peuvent également toucher d’autres parties du corps, mais il s’agit de manifestations relativement rares.

Les causes du syndrome des jambes sans repos

Les causes précises du SJSR sont complexes et possiblement multifactorielles. On sait qu’il s’agit d’un trouble neurologique lié à un manque de dopamine dans le cerveau et dans la moelle épinière. La dopamine participe à réguler les mouvements.

On sait également qu’il y a un une cause génétique et que les impatiences apparaissent à l’âge moyen de 40 ans. Voici ci-après de nombreuses hypothèses sur l’origine du syndrome des jambes sans repos, mais aucune corrélation sérieuse n’a pu aujourd’hui expliquer les causes des impatiences.

Le syndrome des jambes sans repos peut être en relation avec :

  • Une carence en fer qui freine la production de dopamine,
  • Une maladie chronique: diabète, sclérose en plaques, fibromyalgie, etc.
  • Une grossesse (on parle souvent d’impatiences passagères qui disparaissent quelques semaines après l’accouchement).
  • Un traitement médicamenteux : lithium, anti-nauséeux, antipsychotiques, antihistaminiques, ).
  • Une carence en acide folique (vitamine B9) ;
  • Une détérioration de l’hygiène de vie (notamment la consommation de stupéfiants).

Les traitements pour le syndrome des jambes sans repos

Les mesures de prévention

Les mesures de prévention pour le SJSR font surtout appel à une hygiène de vie irréprochable. Puisque la communauté scientifique ignore les causes exactes du syndrome, il n’y a pas de méthode précise pour prévenir les manifestations de la maladie. Cependant, comme il a été précisé, l’arrivée des impatiences correspond parfois à la récurrence de carences en nutriments (fer, vitamine B12). Il est donc opportun de faire des bilans régulièrement et de remédier aux carences détectées. 

Il est possible d’adopter des comportements qui pourront participer à la prévention des symptômes : 

  • Avoir une alimentation saine et variée. Favoriser les fruits et les légumes pour un apport en vitamine et en nutriments essentiels. Diminuer, voire arrêter la consommation de café, de thé, de chocolat, etc.
  • Arrêter la consommation d’alcool, de tabac et de stupéfiants.
  • Maintenir une activité physique régulière
  • Améliorer le temps et la qualité de sommeil
  • Réduire son niveau de stress.
  • Surveiller la prise de médicaments tels qu’antidépresseurs et broncho-dilatateurs.
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Les traitements thérapeutiques

Si la cause du syndrome est clairement identifiée, il faut alors mettre en place un protocole thérapeutique en face correspondant. Exemple : si la personne a une carence telle qu’une anémie, alors un apport en fer permettra de contrer les symptômes d’un SJSR. De la même façon, s’il est établi ou fortement suspecté qu’une prise de médicament puisse être à l’origine du syndrome, il faut alors trouver un substitut. Cependant, dans la grande majorité des cas, la cause est génétique et il faut alors conjuguer les mesures de prévention (afin d’amoindrir les crises) et la prise de médicaments tels que :

Les agents dopaminergiques

Les agents dopaminergiques sont des médicaments qui reproduisent l’effet identique de la dopamine : le pramipexole (Mirapex®), le pergolide (Permax®) et le ropinirole (ReQuip®). Ces dopaminergiques sont des antiparkinsoniens et sont pris à faibles doses dans la gestion du syndrome des jambes sans repos.

Si ces médicaments offrent un effet significatif chez un grand nombre, plusieurs effets secondaires négatifs doivent être soulignés :

  • Modification de certains comportements avec une augmentation de l’impulsivité, un risque de dépendance aux jeux, une libido perturbée, une modification de l’humeur.
  • La prise de ces médicaments demande du temps pour trouver le bon dosage,
  • Somnolences, problèmes digestifs

Les anticonvulsivants (anti-épileptiques)

La prise d’anticonvulsivants n’est envisagée qu’en cas d’échec des agents dopaminergiques. Ils permettent de diminuer, voire de stopper les mouvements involontaires. Le gabapentin ou la prégabaline (Neurontin®, Lyrica®) sont généralement les deux anticonvulsivants prescrits dans le cadre d’un syndrome des jambes sans repos.

On constate que dans 10% des cas, la prise d’ anticonvulsivants peut entrainer des effets secondaires tels qu’augmentation de l’appétit, sensation d’euphorie, confusion des idées, désorientation, troubles de l’attention ou de la mémoire, tremblements, difficulté à parler, fourmillements, engourdissement, fatigue, insomnie,

Les Sédatifs

Ces derniers permettent d’améliorer l’endormissement et le sommeil. Il s’agit essentiellement de médicaments de la famille des benzodiazépines (Diazepam®, Valium®, etc.). Leur principal défaut est de créer une dépendance à terme. À cela s’ajoute que les effets se réduisent avec le temps.

Analgésiques narcotiques

En dernier recours, les analgésiques narcotiques peuvent soulager les personnes qui ont de graves manifestations, notamment douloureuses. Ce sont des opioïdes puissants qui ont comme principal défaut de créer de très fortes dépendances.

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Le CBD et le syndrome des jambes sans repos

Avec plus de 8% de la population française concernée par le SJSR, nombreux sont celles et ceux à la recherche d’alternatives aux traitements classiques, et leurs lots d’effets secondaires pour tenter de réduire les symptômes du syndrome des jambes sans repos. Le cannabidiol (CBD) est une nouvelle option et ce que l’on sait à présent sur l’efficacité du CBD dans le cadre des impatiences repose sur un savoir empirique et un savoir scientifique. La recherche scientifique sur le sujet et le CBD ne déborde pas certes, mais il existe quelques études précliniques et des témoignages qui soulignent l’apport positif du cannabidiol dans le soulagement des impatiences et de multiples symptômes du SJSR.

CBD et dopamine

Parmi les traitements les plus efficaces, on compte les agents dopaminergiques. Ils ont un effet identique à la dopamine. Ces antiparkinsoniens ont des effets secondaires notables, c’est pourquoi plusieurs études se sont penchées pour savoir dans quelle mesure le CBD pouvait avoir une fonction similaire aux agents dopaminergiques. C’est ici que l’étude menée au Brésil en 2014 offre un vrai éclairage sur l’efficacité du CBD comme substitut aux agents dopaminergiques. En effet, cette étude (1) a été menée sur 21 patients atteints de la maladie de Parkinson, présentant des comorbidités (démences et troubles psychiatriques). Le panel a été divisé en trois groupes. Le premier groupe a reçu 330 mg de CBD, par jour, sous forme de capsules. Le second groupe a reçu 75 mg de CBD, là aussi sous forme de capsule tandis que le dernier groupe a reçu un placebo. Résultat, les symptômes moteurs ainsi que les douleurs ressenties ont été atténués dans les deux premiers groupes ayant reçu du CBD.

On sait que la maladie de Parkinson est le résultat d’une baisse des niveaux de dopamine dans les synapses, or, les chercheurs Alyssa Laun et Zhao-Hui Song, de l’université de Louisville, ont découvert dans cette étude de 2017 (2) que le CBD agit sur des récepteurs appelés CPR6. Ces récepteurs se trouvent dans les ganglions de la base du cerveau. Ils connectent le cortex et le tronc cérébral et sont essentiels aux fonctions cognitives ainsi qu’à la motricité. Le cannabidiol pourrait donc en fait soulager les symptômes moteurs de la maladie de Parkinson, en contrebalançant la perte de dopamine avec l’activation des régions responsables des mouvements.

CBD et l’amélioration du sommeil

Le cannabidiol a fait beaucoup d’adeptes parmi les personnes qui souffrent de troubles de sommeil. Que ce soit l’endormissement ou la durée du repos, les personnes prenant du CBD avant de se coucher ont une meilleure qualité de sommeil. Mais qu’en est-il pour une nuit de sommeil pour quelqu’un souffrant du Syndrome de jambes sans repos ? En effet, les spasmes et autres mouvements des jambes produisent un stress si important que l’on peut douter de l’efficacité du CBD dans ce cadre précis. Or, en 2017, une étude menée par le CHU de Bordeaux (3) a observé 6 patients atteints du SJSR. Le but était de voir si le cannabis thérapeutique avait un effet positif dans la prise en charge des différentes manifestations du SJSR. Même si le panel d’individus est limité, cette observation a pu montrer l’apport significatif du cannabidiol dans l’amélioration de la qualité du sommeil. En améliorant la qualité du sommeil, le CBD participe à un processus positif de remise en forme. Bien dormir permet de récupérer physiquement et mentalement. Le sommeil est une clé essentielle dans le bien-être et de sa relation au monde.

Amélioration de la qualité de vie

Le CBD permet une approche hollistique plus globale qu’un simple médicament prévu pour un effet bien précis. En effet, à travers le système endocannabinoide, le CBD a un impact direct (entres autres) sur la sécrétion d’anandamide. L’anandamide participe à l’homéostasie, c’est-à-dire à la régulation de l’humeur, de la gestion de la douleur, de l’appétit, des émotions, etc.

À cela s’ajoute le fait que le CBD en dopant la production de dopamine permet aussi d’améliorer la concentration et les fonctions exécutives comme la mémoire de travail. 

L’action positive du CBD sur le sommeil participe également directement à l’amélioration de la qualité de vie. En effet, au-delà du fait que la personne touchée par des impatiences retrouvent un sommeil réparateur, il permet indirectement au partenaire de retrouver également des nuits normales. En effet, le SJSR a des répercussions directes dans les couples. Si la personne touchée par des impatiences a de nuits difficiles, son ou sa partenaire est directement impacté. Les mouvements involontaires, les myoclonies (parfois violentes) engendrent une très grande gêne pour le couple. Avec la prise de CBD, chacun peut à nouveau avoir une nuit réparatrice.

Qu’est-ce que l’anandamide ?

L’anandamide est un neurotransmetteur cannabinoïde naturel présent dans le cerveau. Son nom provient du nom sanskrit « ananda » signifiant bonheur, béatitude. Cet endocannabinoïde est donc surnommé trivialement la molécule du bonheur. Elle est présente dans le corps naturellement et est produite en petite quantité. On trouve également de l’anandamide dans le chocolat.

Quel mode d’administration pour le CBD et le syndrome des jambes sans repos ?

Dans le cadre d’un syndrome des jambes sans repos, il est préférable d’opter pour des modes d’administrations qui ont un effet puissant avec une action de fond : orale et sublingual : huiles CBD, formules liposomales CBD, gélules CBD.

En complément, ou si contre-indication ou encore un trop grand risque d’interactions médicamenteuses, des modes d’administration autres et efficaces existent, avec les e-liquides au CBD ou fleurs CBD à vaporiser, ou bien encore des patchs CBD à apposer, pour une diffusion continue par voie transdermique.

Conclusion sur le syndrome des jambes sans repos et CBD

Le Syndrome des Jambes Sans Repos (SJSR) ne doit pas être perçu comme une manifestation mineure de quelques mouvements involontaires des jambes. Les personnes souffrant du SJSR ont parfois du mal à faire comprendre que ces manifestations sont lourdes et invalidantes par leurs complications au quotidien. Le corps médical est dans son ensemble peu sensibilisé à ce sujet. À l’inverse, les spécialistes du sommeil savent les difficultés qu’entrainent le SJSR, mais l’éventail thérapeutique se limite principalement à des agents dopaminergiques. Si leurs effets sont réels, leurs effets secondaires le sont également. Or, les dernières recherches sur le CBD font apparaitre de nouvelles pistes pour soulager les impatiences en activant la production de dopamine notamment. Le CBD semble de plus en plus être une solution encourageante et qui a l’avantage d’être une molécule naturelle avec des effets secondaires limités en comparaison. La prise de CBD permet également d’avoir une approche générale, plus holistique en favorisant l’amélioration de la qualité de vie en général.

Sources :

  1. Effects of cannabidiol in the treatment of patients with Parkinson’s disease: An exploratory double-blind trial. Marcos Hortes N Chagas, Antonio W Zuardi, Vitor Tumas. https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/0269881114550355
  2. GPR3 and GPR6, novel molecular targets for cannabidiol. Alyssa S. Laun, Zhao-Hui Song (University of Louisville). https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28571738/#:~:text=Our%20discovery%20that%20CBD%20acts,mediated%20through%20these%20important%20receptors.
  3. Thomas Megelin, Imad Ghorayeb, Cannabis for restless legs syndrome: a report of six patients, Sleep Medicine, Volume 36, 2017, Pages 182-183, ISSN 1389-9457, https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1389945717302228?via%3Dihub
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Article rédigé par la Team Cbdissimo, toujours à l’écoute des dernières avancées sur le cannabis médical et ses applications.

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