THC : définition, effets, tout savoir sur le tétrahydrocannabinol

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Qu’est-ce que le THC ?

Le THC ou tétrahydrocannabinol (Δ9-THC) est l’un des principaux composants psychoactifs du cannabis Sativa L, fréquemment appelé chanvre ou marijuana selon le taux de THC dans la plante justement. En effet, pour les plantes de cannabis faibles en teneur de THC, on parle de chanvre, pour les plantes de cannabis ayant une importante concentration de THC, on parle de cannabis récréatif, marijuana, ganja et bien d’autres noms encore. Le THC est interdit en France, consommation personnelle comme trafic et est « disponible » sur le marché noir exclusivement.

Le cannabis et le THC

Le cannabis est une plante dioïque, c’est-à dire que l’on trouve soit des plans mâles, soit des plans femelles. La répartition du THC dans la plante n’est pas homogène. Ainsi, les fleurs des pieds femelles concentrent la très grande majorité du THC. Il n’y a que très peu de THC sur les feuilles, et une quantité infinitésimale dans les graines et les tiges.

Les différentes variétés de cannabis

Le chanvre fait partie de la famille des Cannabinaceae, il est habituel de distinguer deux grands groupes : le Cannabis Sativa et le Cannabis Indica. Toutefois, il y a deux autres variétés : l’une méconnue – la ruderalis (le cannabis sauvage) – et une plus « moderne » – l’hybride issue de croisement entre Sativa et indica. Chacune des variétés de cannabis produit une fleur de cannabis bien spécifique avec plus ou moins de THC et plus ou moins de CBD et autres cannabinoïdes, il en va de même pour les terpènes et autres flavonoïdes contenus dans le cannabis, c’est ce qu’il les distingue en odeurs et saveurs.

sativa vs indica

État des lieux sur le cannabis

Le cannabis est l’une des drogues les plus consommées dans le monde. Que ce soit sous forme de fleurs séchées, ou sous forme de haschisch (résine de cannabis). Le cannabis est principalement fumé, associé ou non avec du tabac. C’est un produit illicite dans de nombreux pays comme en France, même si la tendance s’inverse de plus en plus ; de nombreux pays légalisent ou décriminalisent son usage. Le THC, (et non le cannabis) est inscrit en France au tableau I de la Convention unique sur les stupéfiants depuis 2020. De même, le cannabis et le THC sont enregistrés dans les Listes I et IV de la Convention unique des Nations unies de 1961 sur les stupéfiants.

L’effet psychoactif du THC se traduit, en autres, par une sensation d’euphorie, une diminution de l’anxiété, sédation et somnolence.

En France, plus de 1,4 million de personnes fument du cannabis fort en THC tous les jours et plus de 5 millions de personnes une fois dans l’année. Cela représente 80% de la consommation de l’ensemble des drogues réunies. Plus de 18 millions de Français ont déjà testé le cannabis dans leur vie. À noter que, la consommation de cannabis est très importante en France par rapport aux autres pays européens. En 2017, plus de la moitié de la classe d’âge des 18 – 64 ans en avaient pris au moins une fois dans leur vie. À noter que la consommation ne fait que progresser malgré une politique toujours plus répressive envers les consommateurs.

Les différentes formes de THC sur le marché (noir)

Il y a trois formes récurrentes parmi les produits forts en THC : les fleurs de cannabis, le haschisch ou résine de cannabis et plus rarement l’huile de cannabis.

Les fleurs de cannabis

La fleur de cannabis, souvent appelée génériquement et à tort “herbe” est sans aucun doute la forme la plus naturelle puisqu’elle n’a pas subie la moindre transformation (en principe). Les fleurs de cannabis fortes en THC sont séchées naturellement dans un lieu aéré et à l’abri de la lumière après récolte sur les plans femelles. « L’herbe » peut être fumée, vaporisée, inhalée, ou utilisée pour des préparations culinaires ou infusions.

La résine de cannabis ou haschisch

La résine de cannabis est une forme que l’on retrouve très fréquemment sur le marché noir en France, puisqu’elle permet aux trafiquants de maximiser les transports et est fabriquée au Maroc principalement. La résine de cannabis se présente sous forme de « pains » ou de « plaquettes ». Il s’agit en fait de blocs de haschisch qui seront ensuite découpés pour la revente au détail.

résine de cannabis THC
Résine de cannabis

Pour faire de la résine de cannabis ou de haschisch, il y a généralement trois techniques :

  • Selon une méthode traditionnelle : on frotte à la main les plantes pour extraire la résine et la compacter ensuite
  • Selon une méthode plus industrielle qui est basée sur trois étapes : le séchage, le tamisage et la compression.
  • Selon une méthode plus moderne : la technique dite de l’ice-o-lator. Ce procédé permet d’extraire et récupérer les trichomes qui forment le haschich avec de l’eau glacée.

Peu importe la technique pour obtenir de la résine de cannabis, le résultat escompté est le même : l’obtention d’une matière brune-jaunâtre, d’une consistance terreuse avec une forte concentration de THC. Il y a différents types de résine de cannabis que ce soit dans la texture, le goût, la couleur et la teneur en THC selon les variétés utilisées et régions du monde dont il provient (Maroc, Liban, etc…)

L’huile de cannabis

L’huile de cannabis est produite à partir des fleurs de cannabis ou de résine de cannabis. Cette huile est hautement psychoactive car forte en THC extrait de manière artisanale à l’aide de solvant dans la plupart des cas. Il y a plusieurs techniques plus ou moins sûres : l’extraction au butane (BHO), ou selon la technique de l’huile de Rick Simpson. Il est assez rare de trouver de l’huile de cannabis et la méthode d’extraction détermine la sûreté du produit. Attention donc à bien maitriser les tenants et aboutissants avec l’huile de cannabis forte en THC, qui n’a rien à voir avec les techniques d’extraction propres utilisées pour les huiles de CBD par exemple.

La teneur en THC

Si le nombre de consommateurs ne cessent d’augmenter depuis 30 ans, il en va de même pour les teneurs ou concentrations de THC. Ainsi, le taux de THC dans les fleurs ou résines de cannabis n’a cessé d’augmenter lui aussi ces dernières décennies. Or, le taux de THC va déterminer la puissance des effets psychoactifs ressentis. Tout comme l’alcool, plus le taux augmente, plus les effets ressentis sont forts.

Ainsi, comme le constate l’Observatoire français des drogues et de la toxicomanie (OFDT), en vingt ans, la concentration moyenne en THC a été multipliée par quatre pour le haschisch (de l’ordre de 28% aujourd’hui) et par deux pour l’herbe (de l’ordre de 12%). Dans les faits, les variétés de cannabis utilisées sont souvent des variétés hybrides sélectionnées pour leurs forts taux de THC comme la variété Amnesia. (1)

Les conséquences de l’augmentation des taux de THC sur la santé sont réelles et l’on constate bien plus qu’auparavant des phénomènes de dépendance. Pour rappel, les produits à base de CBD, quant à eux, ne peuvent pas contenir plus de 0,30 % de teneur en THC en UE, et les effets du THC avec cette faible teneur sont inexistants.

Les modes de consommation du cannabis fort en THC

beurre de Marrakech
Beurre de Marrakech

La très grande majorité des consommateurs de cannabis mélange le cannabis ou non avec du tabac pour le fumer avec du papier à rouler. Les joints ou les « pétards », contiennent en moyenne 200 mg d’herbe ou de résine. Il existe aussi l’utilisation de pipe à eau ou bang avec des effets ressentis plus forts liés au mode opératoire avec une inhalation continue et un foyer de combustion plus chaud. Enfin, il est possible de préparer des recettes culinaires à base de cannabis, exemple avec les « space cake » ou le beurre de Marrakech.

Recette du beurre de Marrakech

Voici comment confectionner du beurre de Marrakech maison en quelques étapes simples :

Cuisine: Marocaine

Mots-clés: beurre de cannabis, beurre de marijuana, cannabutter

Rendement de la recette: 200g

Temps de préparation: PT30M

Temps de cuisson: P3H

Temps total: PT3H30M

Ingrédients de la recette:

  • 250 grammes de beurre
  • Fleurs de cannabis ou CBD

Instructions de la recette: 1. Broyer le plus finement possible vos fleurs de cannabis ou fleurs de CBD à l'aide d'un mixeur. 2. Remplir une casserole avec un litre d'eau (1000ml) et mélanger les fleurs de cannabis/CBD broyées avec les 250g de beurre. 3. Faites chauffer lentement le mélange jusqu'à ébullition 4. Pendant que le mélange bouillit, remuez régulièrement et rajoutez de l'eau lorsque l'évaporation a diminué le volume de moitié. 5. Votre beurre est prêt lorsque vous constatez une séparation du liquide, avec une quantité importante d'huile flottant sur le dessus. Ceci peut prendre entre 3 heures et une journée entière. 6. Filtrez ensuite le liquide, à l'aide d'un tamis et de gants. Avec les gants, pressez l'herbe dans le conteneur, à travers le tamis, pour tirer le maximum d'huile. 7. Vous avez donc maintenant un conteneur avec une couche de matières grasses, du beurre de cannabis, flottant sur une couche d'eau. Mettez le tout au réfrigérateur pendant une nuit pour solidifier les matières grasses. 8. Le lendemain, retirez délicatement la couche de beurre de cannabis se situant au-dessus de l'eau restante. 10. Votre beurre de Marrakech est prêt ! Vous pouvez le conserver au réfrigérateur pendant deux semaines environ.

Note de l’éditeur/éditrice :
5

Quels sont les dangers du THC ?

Le THC, en fortes quantités, entraîne selon le type de consommateur/consommation des problématiques plus ou moins manifestes telles que :

  • Troubles de la concentration,
  • Une baisse de la vigilance (accentuant les risques d’accident),
  • Troubles de la mémoire,
  • Troubles de comportement, notamment avec une consommation à l’adolescence
  • Risques de dépendance.

À cela s’ajoute également les dangers liés au mode de consommation. En effet, consommer du cannabis par inhalation sous-entend de fumer du cannabis, tabac et du papier à rouler. La combustion génère des goudrons et autres substances cancérigènes. Depuis des décennies, l’OMS rappelle les dangers du tabac comme la cause principale de nombreux cancers – le cancer du poumon étant le plus connu. Il ne faut pas omettre que le tabac est aussi à l’origine des maladies cardio-vasculaires ou bien encore des troubles de bronchopneumopathie. Le tabac participe directement ou aggrave certaines pathologies telles que les gastrites, les ulcères gastroduodénaux, le diabète de type II, l’hypercholestérolémie, l’hypertriglycéridémie, l’eczéma, le psoriasis, le lupus, etc. Pour inhaler du cannabis sans substance cancérigène, il existe la vaporisation, qui consiste, à l’aide d’un vaporiseur, à chauffer le cannabis juste en dessous du point de combustion.

A savoir : Fumer du cannabis est néfaste pour les voies respiratoires. Il semblerait que la consommation régulière de trois à quatre joints par jour produirait autant de symptômes qu’une consommation de 22 cigarettes de tabac par jour.

(2)

THC et dépendance

Le cannabis a souvent été présenté comme un produit n’entrainant pas ou peu de dépendance. Ce postulat est aujourd’hui très critiqué en raison d’une meilleure compréhension des phénomènes de dépendance et des teneurs en THC plus élevés qu’auparavant dans le cannabis. En effet, avec le THC, les phénomènes de manque n’apparaissent que tardivement. La raison principale est que le THC se stocke longuement dans le cerveau, il ne disparait pas rapidement dans le corps comme c’est le cas de la nicotine du tabac par exemple. Le besoin de se procurer du THC est donc plus long à se manifester. Cette particularité fait que nombre de consommateurs réguliers de THC ignorent leur dépendance puisque les manifestations du manque ou de l’abstinence de THC ne se ressentent parfois qu’au bout de quinze à vingt jours.

Pour déterminer si une personne est dépendante au THC, il faut qu’un certain nombre de facteurs soient réunis tels que :

  • L’incapacité d’arrêter sa consommation de THC sur une longue période de temps sans ressentir d’effet de manque (syndrome du sevrage)
  • Un plaisir permanent et incompressible pour les effets du THC ;
  • Une aptitude de plus en plus importante à supporter les effets du THC et donc une tendance à augmenter la concentration / consommation de THC
  • Une vie sociale rythmée par le temps passé à consommer du THC, mais aussi à se procurer le cannabis
  • Incapacité de stopper la consommation de THC, malgré la prise de conscience des effets négatifs psychologique, physiques et sociaux, qu’elle entraine.

A noter que, aussi paradoxal que cela puisse paraitre, le CBD est très efficace pour se débarasser des effets de manque du THC.

sevrage cannabis

Sevrage cannabique : le CBD peut-il aider ?

Quels sont les effets bénéfiques du THC ?

Longtemps désigné comme une simple drogue récréative, le THC a cependant attiré l’intérêt de la communauté scientifique pour des vertus que nombre de consommateurs avaient justement remarqué. Ce savoir empirique est maintenant étudié scientifiquement et certains effets thérapeutiques du THC sont reconnus. En Chine, on connaît les propriétés euphorisantes et thérapeutiques du cannabis (et du THC sans le nommer), depuis plus de 3 000 ans. Le cannabis a toujours été associé à des aspects thérapeutiques au fil du temps, mais la diabolisation au XXᵉ siècle du cannabis et du THC, instiguée aux Etats-Unis a mis au ban cet aspect, avec une politique de propagande et répression. Il aura fallu attendre la fin du XXᵉ siècle pour que les mentalités commencent à évoluer et voir le potentiel du cannabis sur le plan thérapeutique réapparaitre dans la communauté scientifique.

De nombreux pays aujourd’hui reconnaissent le « cannabis médical» qui inclut en général les molécules de CBD et THC ; c’est le cas du Canada ou de la Suisse ou encore du Colorado et de la Californie. Le THC apparait de plus en plus dans des protocoles de santé pour :

  • Combattre la perte d’appétit associée au traitement contre le SIDA.
  • Soulager les nausées et les vomissements associés à la chimiothérapie.
  • Soulager la douleur causée par la sclérose en plaques et certaines formes de cancer.
  • Soulager de la douleur chronique et des symptômes de certains troubles du mouvement tels que la dystonie, la maladie de Huntingdon, la maladie de Parkinson et le syndrome de la Tourette.

Le THC en pharmacie

On compte trois médicaments autorisés à base de THC sur le marché : le Dronabinol (Marinol®), le Nabilone (Cesamet®) et le Sativex®. Leur vente sur ordonnance est très contrôlée et n’est autorisée que dans quelques pays seulement qui encadrent le cannabis médical, mais la liste des pays qui encadrent le cannabis médical, et de facto le THC, s’allonge chaque année. Le Dronabinol et le Nabilone sont prescrits habituellement pour le traitement de la nausée et du vomissement provoqués par la chimiothérapie, ainsi que pour stimuler l’appétit chez les patients atteints du Sida et souffrant d’anorexie. Le Sativex® est prescrit pour le traitement des symptômes liés à une spasticité modérée à sévère due à une sclérose en plaques (SEP) chez des adultes. A noter que ces médicaments au THC sur ordonnance en pharmacie utilisent du THC de synthèse, recrée en laboratoire, et non du THC d’origine naturelle, extrait de la plante de cannabis.

Les contre-indications au THC

Si le THC thérapeutique commence à être de plus en plus présent, il n’en demeure pas moins que le THC est une substance active qui peut être néfaste et pouvant donc présenter des contre-indications notables :

  • Grossesse et allaitement. Il y a une corrélation forte entre la consommation de cannabis par la mère et l’incidence, chez les enfants, de la leucémie et de troubles de l’attention, de l’apprentissage et de la mémoire.
  • Maladies cardiovasculaires. La consommation de THC provoque une augmentation du rythme cardiaque, modifie la tension artérielle, etc. Ces effets sont beaucoup plus marqués chez les personnes de plus de 50 ans ou les personnes souffrant de problèmes cardiovasculaires.
  • Immunosuppression. Les cannabinoïdes et le THC peuvent avoir des effets immunosuppresseurs.
  • Troubles psychologiques : Le THC peut provoquer des troubles psychologiques divers et notamment des troubles d’ordre schyzophrénique, ou encore exacerber une psychose existante, notamment en cas de consommation excessive et récurrente à l’adolescence.

Quelle est la différence entre THC et les autres cannabinoïdes ?

Le THC est un des cannabinoïdes, tout comme le CBD, CBN ou bien encore le CBG. Chacun de ces cannabinoïdes est produit directement ou indirectement par le cannabis naturellement. Tous sont des substances chimiques qui agissent sur le système nerveux central, à travers le système endocannabinoïde, avec des effets différents les uns des autres.

systeme endocannabinoide

THC et CBD

Les deux sont, si l’on peut dire, frères ou plutôt cousins. Ils sont souvent et malheureusement trop souvent confondus. Pourtant, les différences entre CBD et THC ne manquent pas. Le CBD n’a pas d’effet psychotrope, il ne provoque aucun « high » ou sensation d’euphorie. Le CBD est légal, alors que le THC demeure classé dans la catégorie des stupéfiants et provoque ce « high » que l’on associe au cannabis. Pourtant, rien ne distingue clairement une fleur de cannabis forte en CBD et faible en THC (légale) d’une fleur de cannabis, à l’inverse, forte en THC et faible en CBD (illégale). Même odeur, même forme, même couleur, mais pas les mêmes effets sur le cerveau. Comme le THC, le CBD offre tout un éventail d’avantages thérapeutiques qui sont de plus en plus étudiés et incorporés dans de nombreux protocoles thérapeutiques.

CBG et THC

Le THC est sans doute la molécule issue du cannabis la plus connue du grand public, à l’inverse du CBG. Cependant, si le THC est consommé essentiellement pour ses effets psychoactifs, le CBG est lui, comme le CBD, non psychoactif, et ne produit pas de « high » De même, le THC et le CBG n’interagissent pas de la même manière avec le système endocannabinoïde. Si le cannabigerol (CBG) peut tout à la fois se fixer sur les récepteurs CB1 et CB2, le THC ne se fixe lui que sur les récepteurs CB1. Cette différence laisse à penser que le champ thérapeutique du CBG est plus large et qu’il suppose des applications thérapeutiques plus nombreuses. A noter que le CBG est moins présent naturellement en quantité dans le cannabis, son extraction demande alors plus de quantité de cannabis, ce qui en fait un cannabinoïde relativement cher pour le consommateur au final.

CBN et THC

Si le CBD et le THC sont frères, on peut dire que le CBN est le fils ou la fille du THC. En effet, CBN est une oxydation du THC. Ayant comme origine le THC, le CBN a, tout comme le THC, la capacité à se fixer sur les récepteurs CB1. À l’inverse du THC, le CBN, lui non plus n’est pas psychoactif, et ne produit pas de « high » .

Le CBN interagit d’une manière moins importante avec les récepteurs CB1 que le THC. Il semblerait qu’il a, entre 6 et 10 fois moins, la capacité à se fixer sur les récepteurs CB1 par rapport au THC (3). Cette différence explique pourquoi le CBN ne donne pas une sensation de planer. Le CBN est en revanche apprécié pour ses propriétés sédatives, utiles notamment dans la gestion du sommeil.

Synthèse THC vs autres cannabinoïdes

tableau thc cbd cbn cbg

Conclusion sur le THC

Le THC agite les débats politiques et scientifiques et c’est bien cette molécule qui est interdite en France et non le cannabis, il convient à présent de bien faire le distinguo entre les molécules prédominantes lorsque l’on parle de cannabis. La consommation récréative de THC ne cesse d’augmenter année après année, le cadre législatif en France, lui, n’a pas évolué, les concentrations de THC dans les produits finis atteignent des records, ce qui posent des problèmes de santé. Dans le même temps, de plus en plus de pays ont compris, reconnu et encadré les effets thérapeutiques du THC, en autorisant sous différentes formes le cannabis médical. Les avancées sont timides, mais présentes, en France, ont été lancées en 2021 les premières expérimentations du cannabis médical. Ainsi, 3 000 patients souffrant de maladies graves (épilepsie, douleurs neuropathiques, sclérose en plaques…) vont recevoir pendant 2 ans du cannabis thérapeutique, incluant THC et CBD. Cette première expérience va permettre de donner des résultats cliniques, et donne aussi une nouvelle image à un produit qui reste entaché par des considérations morales et non scientifiques. Il est tout à fait normal d’utiliser de la morphine en médecine tout en considérant malgré tout l’héroïne comme une drogue. Il est important de dépasser les considérations politiques pour permettre une meilleure prise en charge thérapeutique de nombreux symptômes et maladies. Ces personnes malades qui trouvent un intérêt thérapeutique avec le THC se fournissent aujourd’hui essentiellement au marché noir pour trouver du THC sans pouvoir connaitre, ni la traçabilité, ni la composition exacte, ni la teneur en THC de ce qu’ils achètent et consomment. Alors, à quand le cannabis médical en France ?

Sources :

  1. Observatoire français des drogues et de la toxicomanie, Cannabis, mai 2022
  2. Johnson MK, Smith RP, et alLarge lung bullae in marijuana smokersThorax. 2000 Apr;55(4):340-2.)
  3. Novel cannabinol probes for CB1 and CB2 cannabinoid receptors. A Mahadevan 1 , C Siegel, B R Martin, M E Abood, I Beletskaya, R K Razdan – https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/11020293/
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